Par Altesse Mulamba | Le Bloc-Notes News | 14 octobre 2026

Daniel Mukoko Samba annonce des contrôles contre les opérateurs qui ne respectent pas la réglementation du petit commerce et du commerce de détail. Le gouvernement veut notamment empêcher les grossistes de vendre directement aux consommateurs en concurrence avec les détaillants qu’ils approvisionnent. Les informations consultées ne donnent pas encore de bilan des inspections ou des sanctions.

Daniel Mukoko Samba lors d’une visite de terrain à Kinshasa. Photo d’archives. Crédit : ministère de l’Économie nationale

« Nous sommes arrivés à l’étape où nous allons contrôler et commencer à sanctionner », a déclaré le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale lors des concertations consacrées à l’application du décret du 30 mars 2026.

Le ministre a rencontré de grands importateurs le 5 octobre, puis des représentants de plusieurs missions diplomatiques le 12 octobre, notamment celles de la Chine, du Bénin, du Mali, du Sénégal et du Nigeria. Il a réaffirmé que la protection de l’entrepreneuriat congolais devait s’accompagner du maintien de l’ouverture aux investissements étrangers.

Les grossistes ne pourront plus concurrencer leurs clients au détail

Selon les règles présentées par le ministère, un même opérateur ou une même entreprise ne peut cumuler les activités de grossiste et de détaillant.

Le gouvernement vise notamment les importateurs qui approvisionnent des commerçants tout en vendant directement aux consommateurs dans le même quartier. Mukoko Samba considère cette pratique comme une concurrence déloyale.

Un importateur peut négocier directement avec les fournisseurs et acheter des volumes importants. Le détaillant qui s’approvisionne auprès de lui doit ensuite couvrir ses propres charges et dégager une marge. Lorsque son fournisseur vend également au public, il peut difficilement proposer des conditions aussi avantageuses.

L’interdiction du cumul peut ainsi préserver une clientèle pour les détaillants. Elle ne réduit toutefois pas, par elle-même, le prix auquel ils achètent leurs marchandises. Leur activité reste dépendante des tarifs, des stocks disponibles et des conditions de livraison des grossistes.

Certaines activités restent accessibles aux opérateurs étrangers

Le décret n° 26/011 du 30 mars 2026 encadre le petit commerce et le commerce de détail. Il prévoit un régime particulier pour le détail spécialisé à forte intensité de capital.

Le petit commerce est réservé aux Congolais, tandis que le commerce de gros reste ouvert aux opérateurs nationaux et étrangers. Ces derniers peuvent également accéder à certaines activités de détail après obtention d’un avis de non-objection, appelé ANO.

Le ministère précise que dix secteurs spécialisés sont concernés. Les demandeurs doivent remplir les conditions exigées et présenter notamment des justificatifs d’investissement. Cette autorisation ne donne donc pas accès à l’ensemble du commerce de détail.

Un arrêté ministériel du 5 mai 2026 fixe les conditions d’obtention de l’ANO. Pour appliquer la réforme, les services de contrôle devront distinguer les activités réservées aux nationaux de celles qu’un opérateur étranger est autorisé à exercer.

Les modalités des contrôles demandent encore à être précisées

Les informations consultées sur l’annonce ne précisent ni le nombre d’établissements inspectés, ni les entreprises sanctionnées, ni le calendrier détaillé des opérations. Elles ne permettent pas encore d’établir dans quelle mesure les sanctions annoncées ont été appliquées.

Sur son portail, le ministère évoque des amendes, des fermetures et des retraits d’autorisation, en renvoyant aux textes applicables. Cette présentation ne fournit cependant ni barème détaillé ni procédure complète de contestation.

La page officielle comporte également une différence dans les dates de régularisation. Elle affiche une échéance au 30 septembre 2026, puis mentionne ailleurs un délai allant jusqu’en octobre. Cette imprécision doit être levée pour que les opérateurs connaissent la date à partir de laquelle ils s’exposent à une sanction.

La manière de conduire les inspections aura des conséquences directes pour les commerçants. Des infractions clairement établies, des décisions motivées et des possibilités de recours identifiables permettraient de limiter les contestations et le risque d’une application sélective.

Il faudra également suivre les effets de la réforme sur l’approvisionnement. Une réorganisation des circuits de distribution peut modifier les coûts et les délais de livraison. Les éléments disponibles ne permettent pas de prévoir si les prix augmenteront ou diminueront pour les consommateurs.

Pour les détaillants congolais, le bénéfice attendu dépendra de leur capacité à conserver leurs clients tout en achetant leurs marchandises à des conditions qui leur permettent de vivre de leur activité. Le bilan des contrôles devra donc être accompagné d’un suivi des prix de gros, de la disponibilité des produits et des marges des commerçants.





Par Altesse Mulamba | Le Bloc-Notes News | 14 octobre 2026


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