— 17 avril 2026 | Bloc-Économie | Le Bloc-Notes News
KINSHASA | La République démocratique du Congo pourrait dépasser l’Éthiopie en 2026 pour devenir la cinquième économie d’Afrique subsaharienne, selon les dernières projections du Fonds monétaire international.

Dans son World Economic Outlook d’avril 2026, le FMI évalue le PIB nominal de la RDC à 123,41 milliards de dollars, contre 121,53 milliards pour l’Éthiopie. Un écart réduit, mais suffisant pour modifier le classement continental.
La RDC se placerait ainsi derrière l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Angola et le Kenya.
La dynamique est largement portée par le secteur minier. Premier producteur mondial de cobalt et acteur clé du cuivre, le pays bénéficie de la demande mondiale liée aux technologies de transition énergétique. Le FMI anticipe une croissance de 5,9 % en 2026.
Mais cette progression masque des fragilités structurelles persistantes.
Dans l’est du pays, les combats se poursuivent entre les forces congolaises et le mouvement M23, actif dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le groupe armé — une accusation que Kigali rejette.
Malgré plusieurs cadres de cessez-le-feu et initiatives diplomatiques récentes, la situation sécuritaire reste instable et continue de peser sur l’activité économique.
Les conséquences sont directes : baisse des recettes publiques, hausse des dépenses militaires et expansion de circuits économiques informels liés à l’exploitation des minerais.
Les secteurs hors extractifs — agriculture, industrie et services — demeurent largement contraints par l’insécurité et les faiblesses structurelles de gouvernance.
L’écart avec l’Éthiopie reste également fragile. Addis-Abeba conserve une croissance plus rapide, estimée à 9,2 % en 2026, ce qui rend le basculement de classement potentiellement réversible en cas de choc sur les matières premières ou d’aggravation du conflit.
Sur le plan régional, ce repositionnement renforcerait néanmoins le poids économique et diplomatique de Kinshasa au sein de la SADC, de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Les analystes appellent à la prudence. Sans diversification économique et stabilisation durable de l’est du pays, la croissance congolaise reste exposée à une forte dépendance aux ressources naturelles.
Le FMI souligne enfin que, dans un contexte où l’Afrique subsaharienne devrait croître de 4,3 % en 2026, la trajectoire de la RDC illustre à la fois un potentiel structurel important et une vulnérabilité persistante aux chocs internes et externes.
— par Altesse Mulamba | Directrice et Rédactrice en Chef | Le Bloc-Notes News | La voix de la République
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