Par la rédaction du Bloc-Notes News | 28 septembre 2026

Dix-sept personnes, dont deux hauts responsables de la justice militaire, sont mortes vendredi 25 septembre dans le crash d’un avion de TRACEP Congo Aviation à Kenge, dans le Kwango. Trois jours plus tard, la cause de l’accident reste inconnue et plusieurs éléments du vol doivent encore être établis.

Crash d’un Let L-410 de TRACEP Congo Aviation à Kenge, dans le Kwango, le 25 septembre 2026. Crédit : ACP.

L’appareil, un Let L-410UVP immatriculé 9S-GUC, effectuait le trajet retour de Kikwit vers Kinshasa. Selon le vice-gouverneur du Kwango, Rémy Saki, l’équipage aurait rencontré une difficulté en vol avant d’effectuer plusieurs tours au-dessus de Kenge à la recherche d’un endroit où se poser. L’avion s’est finalement écrasé sur une parcelle de la ville et a pris feu. Aucune victime au sol n’a été signalée.

Il n’y a aucun survivant. Le ministère des Transports fait état de 17 morts : 13 passagers et quatre membres d’équipage. Parmi eux figurent le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC.

Le bilan a toutefois évolué au cours des premières heures. Le vice-gouverneur du Kwango a indiqué samedi que 16 corps d’adultes et celui d’un bébé avaient été retrouvés. Le président du conseil d’administration de la Régie des voies aériennes, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, avait pour sa part évoqué 16 personnes à bord. Le Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation, le BPEA, a demandé à TRACEP de transmettre le manifeste des passagers et l’identité du commandant de bord.

Les horaires communiqués divergent également. M. Kin-Kiey Mulumba affirme que l’appareil a quitté Kikwit à 11h45 et s’est écrasé vers 13h14. Selon lui, le vol n’avait pas été coordonné au départ par les services de Kikwit et la tour de N’Djili n’aurait été informée qu’à 14h00 par Ndolo. D’autres sources situent le crash autour de 14h00. Cette chronologie devra être confrontée aux plans de vol, aux communications radio et aux données des services de contrôle.

Le vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, a ordonné samedi la suspension du certificat de transporteur aérien de TRACEP. Il a également demandé à l’Autorité de l’aviation civile et à la RVA de fournir des informations sur l’état technique du 9S-GUC, son dernier contrôle de navigabilité et les circonstances du vol. Cette suspension est une mesure conservatoire et ne préjuge pas des causes de l’accident.

Le crash intervient deux mois après un autre accident impliquant TRACEP. Le 24 juillet, un Let L-410 de la compagnie s’était écrasé dans le territoire de Walikale après une perte de puissance moteur signalée par l’équipage. Un membre d’équipage avait été tué.

L’état de l’ancien aérodrome de Kenge est également examiné. Selon la RVA, une partie de son emprise a été occupée au fil des années et la ville ne dispose plus d’une piste opérationnelle. À ce stade, rien ne permet toutefois de présenter cette situation comme une cause de l’accident.

Le BPEA mène l’enquête technique, tandis qu’une enquête judiciaire distincte a été ouverte.

Les investigations devront désormais établir l’état réel du 9S-GUC avant son départ, les conditions dans lesquelles le vol a été coordonné et suivi, ainsi que les mesures prises après le précédent accident de TRACEP.




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