Ebola en RDC : plus de 4 100 morts, le Nord-Kivu pèse davantage dans les nouveaux cas
Par La rédaction du Bloc-Notes News | 5 octobre 2026
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a fait 4 114 morts au 3 octobre, selon un point de situation diffusé par le ministère de la Communication. Alors que l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, Médecins sans frontières signale une concentration croissante des nouveaux cas au Nord-Kivu.

Dans sa publication du 2 octobre, l’organisation indique que cette province représente près de 40 % des nouveaux cas confirmés dans le pays, contre 24 % à la fin du mois d’août. Cette évolution concerne la répartition des nouveaux cas, et non l’ensemble des infections recensées depuis le début de l’épidémie.
Le bilan national mentionne également 2 230 personnes déclarées guéries et 824 patients hospitalisés ou placés en isolement. La létalité rapportée, soit la proportion de décès parmi les cas confirmés, s’établit à 48,2 %.
Une évolution différente selon les provinces
Depuis le début de l’épidémie, des cas ont été recensés dans 64 zones de santé réparties entre sept provinces : le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Sud-Ubangi.
Ce périmètre cumulé ne signifie pas que toutes ces provinces enregistrent actuellement de nouvelles contaminations. Dans son rapport du 25 septembre, portant sur la situation au 23 septembre, l’Organisation mondiale de la Santé indiquait notamment qu’aucun nouveau cas n’avait été signalé au Sud-Kivu depuis le 29 mai.
L’OMS décrivait alors une diminution progressive des cas en Ituri, à un niveau de transmission toujours élevé. Au Nord-Kivu, une forte hausse avait été observée jusqu’à la mi-septembre, suivie d’un recul sur les derniers jours examinés. La Tshopo connaissait, elle, une reprise de la transmission.
Au Nord-Kivu, MSF soutient notamment le centre de traitement Ebola de Kitatumba, ainsi que les centres de transit de l’Université catholique du Graben et de la zone de santé de Musienene.
73,8 % de suivi des contacts
Le point gouvernemental du 3 octobre fait état d’un taux de suivi des contacts de 73,8 %. Le résumé consulté ne précise toutefois ni le nombre de personnes devant être suivies, ni celui des personnes effectivement vues, ni la période exacte couverte.
Un contact est une personne susceptible d’avoir été exposée au virus, pas nécessairement une personne infectée. Son suivi permet de détecter l’apparition de symptômes et d’organiser rapidement une évaluation médicale.
Au 23 septembre, l’OMS rapportait que 26 980 contacts avaient été vus sur 32 342 personnes nécessitant un suivi au cours des 24 heures précédentes, soit 83,4 %.
Sans confirmation de la comparabilité des méthodes et des périodes de mesure, ces deux taux ne permettent pas d’établir une baisse du suivi des contacts. Le résumé gouvernemental ne précise pas non plus les causes de cette couverture incomplète ni sa répartition géographique.
Les obstacles à la surveillance sont néanmoins documentés par l’OMS. L’insécurité, les déplacements de population et les difficultés d’accès aux services essentiels compliquent la recherche des malades, le suivi des contacts et leur prise en charge.
Renforcer la détection dans les communautés
Dans une publication du 30 septembre, l’OMS indique que 680 relais communautaires avaient été déployés dans 17 zones de santé au 17 septembre, avec son appui. L’objectif annoncé est de porter leur nombre à 1 603 d’ici à la fin d’octobre.
Ces relais échangent avec les familles, repèrent les personnes présentant des signes de maladie et transmettent les alertes aux équipes sanitaires. Leur travail repose aussi sur la confiance des habitants et leur adhésion aux mesures de prise en charge.
L’épidémie actuelle est causée par le virus Bundibugyo, contre lequel aucun vaccin ni traitement spécifique n’est encore homologué, selon l’OMS. Des produits candidats sont en cours d’évaluation.
Les soins de soutien restent essentiels pour les malades. La recherche des cas, leur isolement, le suivi des contacts et la prévention des infections constituent les principaux moyens de limiter la transmission.
La France envisage une aide supplémentaire
La France envisage une aide supplémentaire
Jean-Noël Barrot a annoncé le 3 octobre à Bunia qu’il proposerait un financement humanitaire supplémentaire pour la lutte contre Ebola lors des prochaines discussions budgétaires françaises. Selon Radio Okapi, le ministre français des Affaires étrangères s’est rendu au centre de traitement de Rwampara, accompagné du professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale.
La France a alloué 13,4 millions d’euros à la lutte contre Ebola entre janvier et juillet 2026, rapporte Reuters. Le montant de l’aide supplémentaire envisagée n’a pas été précisé. Son annonce reste à traduire en engagement budgétaire.
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