LEGAL-BLOC | 3 novembre 2026 | Par la rédaction | Le Bloc-Notes News

Détenu depuis plus de 300 jours, selon la chronologie établie par ses avocats, l’opposant congolais Nathanaël Onokomba fait l’objet d’une nouvelle alerte concernant ses conditions d’incarcération à la prison centrale de Makala, à Kinshasa. Sa défense dénonce, d’après des informations diffusées ce mardi 3 novembre, son transfert vers le pavillon 6, présenté comme particulièrement dangereux, et réclame des explications sur une décision dont les circonstances restent à éclaircir.

Nathanaël Onokomba, détenu depuis plus de 300 jours. Ses avocats alertent sur les conditions de son incarcération à la prison centrale de Makala, à Kinshasa

Selon les déclarations attribuées à ses conseils, Nathanaël Onokomba aurait été déplacé d’un secteur où ses conditions de détention étaient jugées relativement acceptables vers un pavillon suscitant des inquiétudes pour sa sécurité. Les avocats demanderaient notamment à connaître les motifs de cette mesure et l’autorité qui l’a ordonnée.

Une détention prolongée et une procédure contestée

L’affaire remonte au début de l’année 2026. Dans un communiqué daté du 5 février, le collectif des avocats de Nathanaël Onokomba situait son interpellation au 5 janvier et son placement à la prison militaire de Ndolo au 12 janvier. Sur cette base, 302 jours se sont écoulés depuis son arrestation.

L’opposant était initialement poursuivi devant la justice militaire pour des accusations liées à des propos publiés sur les réseaux sociaux concernant la guerre dans l’est de la RDC. Les préventions portaient notamment sur l’apologie du terrorisme et la négation ou la minimisation de crimes internationaux.

Le 26 juin, le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe s’est déclaré incompétent pour poursuivre l’examen du dossier. Selon les explications de la défense, les juges avaient préalablement considéré que la prévention d’apologie du terrorisme n’était pas établie en droit.

La portée exacte de cette décision demeure toutefois contestée. Les avocats ont affirmé que la version écrite du jugement ne correspondait pas au dispositif prononcé publiquement, notamment concernant l’acquittement qu’ils disent avoir obtenu sur ce chef d’accusation.

Nathanaël Onokomba n’a pas été remis en liberté. Le 29 juillet, il a été transféré de la prison militaire de Ndolo à Makala, tandis que sa procédure se poursuivait devant les juridictions de droit commun.

Le fondement juridique du maintien en détention

Depuis ce transfert, la défense conteste la régularité de son incarcération. Ses avocats soutiennent que le passage du dossier de la justice militaire à la justice civile aurait dû s’accompagner d’actes judiciaires permettant de justifier légalement le maintien en détention.

Ils mettent notamment en cause l’absence présumée d’un nouveau titre de détention régulièrement établi par les autorités judiciaires compétentes.

Ces arguments ont été examinés dans le cadre de plusieurs demandes de mise en liberté. Le 13 octobre, la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe a rejeté une nouvelle requête de la défense, en invoquant la gravité des faits reprochés au prévenu.

Les avocats ont contesté cette décision, estimant que leurs objections concernant la procédure n’avaient pas reçu de réponse satisfaisante.

Une obligation de protection indépendante des poursuites

Les nouvelles préoccupations exprimées au sujet du pavillon 6 soulèvent une question distincte de celle de la culpabilité éventuelle du prévenu : la responsabilité des autorités chargées de sa détention.

Toute personne incarcérée demeure sous la protection de l’État, indépendamment des infractions qui lui sont reprochées. Cette obligation implique notamment la prévention des violences, la protection de son intégrité physique et le respect de sa dignité.

Après plus de 300 jours de privation de liberté, l’affaire Nathanaël Onokomba continue ainsi de soulever deux questions : celle du fondement juridique de son maintien en détention et celle des conditions dans lesquelles cette détention est exécutée.

Les accusations pénales restent du ressort des juridictions compétentes. La sécurité du prévenu, elle, relève de la responsabilité immédiate des autorités qui en ont la garde.





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