RDC NEWS | 22 octobre 2026 | Par Altesse Mulamba
Le gouverneur de Kinshasa a révoqué Fils Mukoko le 21 octobre, après la diffusion d’une vidéo évoquant une distribution d’armes et des menaces contre des ressortissants occidentaux. Le ministre de la Justice a demandé une enquête, tandis que le CSAC lui impose 88 jours d’embargo médiatique.

Photo : capture d’écran d’une vidéo. Source originale à confirmer.
Les réactions des autorités congolaises se sont succédé mercredi après la diffusion de propos attribués à Fils Mukoko, membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et responsable de la Régie d’assainissement de Kinshasa. Selon le communiqué du ministère de la Justice, il aurait évoqué la distribution d’armes dans des terrains de football, des églises et des universités, ainsi que des menaces visant des Occidentaux présents en RDC. Ces déclarations ont conduit le ministre Guillaume Ngefa à saisir le procureur général près la Cour de cassation.
Une suspension, puis une révocation
Une première mesure avait été prise par le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, qui avait suspendu Fils Mukoko de la direction générale intérimaire de la RASKIN. Le gouverneur Daniel Bumba a ensuite signé un arrêté le révoquant de son poste de directeur général adjoint chargé des questions techniques. Les deux décisions concernent donc des fonctions distinctes qu’il exerçait au sein du même établissement.
L’arrêté du gouverneur, daté du 21 octobre, prend effet dès sa signature. Il ne mentionne pas expressément la vidéo, mais invoque les obligations de dignité, de discrétion et de responsabilité attachées à l’exercice d’une fonction publique. Le gouverneur a relevé l’intéressé de ses fonctions.
La justice saisie
Le ministère de la Justice indique avoir demandé l’ouverture d’une enquête afin de vérifier les faits et d’établir les responsabilités éventuelles. Cette instruction ne constitue ni une mise en accusation formelle ni une condamnation. Les sources consultées ne permettent pas de confirmer une audition de Fils Mukoko par le parquet ou une arrestation.
Les déclarations rapportées évoquent des armes, mais elles ne prouvent pas qu’une distribution ait effectivement eu lieu. L’enquête devra notamment déterminer si ces propos correspondent à des préparatifs matériels ou à des menaces sans commencement d’exécution.
Un embargo médiatique de 88 jours
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication a, de son côté, prononcé une mesure conservatoire de 88 jours. Selon l’Agence congolaise de presse, qui cite l’acte du régulateur, l’interdiction couvre les médias en ligne, les réseaux sociaux et les autres moyens de communication de masse.
Le CSAC estime que les propos sont susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte au droit à la vie. Il invoque également l’obligation de réserve applicable à un mandataire de l’État. Cette appréciation du régulateur demeure distincte de toute qualification pénale que pourrait retenir la justice.
L’UDPS se désolidarise
Dans un communiqué signé par Augustin Kabuya, l’UDPS affirme que Fils Mukoko n’occupe aucune fonction au sein du parti. Elle précise que ses organes n’ont autorisé ni distribution d’armes ni sit-in devant l’ambassade de Belgique. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a également condamné ses déclarations.
Dans une réaction publiée le 21 octobre sur X, Patrick Muyaya a qualifié les propos de Fils Mukoko d’« horreur absolue », précisant qu’ils n’engagent ni le gouvernement ni aucune autre institution de la République. Il a rejeté tout appel à la violence et tout discours stigmatisant les partenaires occidentaux de la RDC.
Le ministre de la Communication et Médias a également indiqué que les services compétents, notamment le CSAC et l’Hôtel de ville de Kinshasa, avaient été saisis. Il a assuré que des dispositions étaient prises pour garantir la sécurité du personnel diplomatique et l’inviolabilité des représentations étrangères.
Selon Patrick Muyaya, de tels appels à la violence risquent de compromettre les efforts diplomatiques engagés pour le retour de la paix dans l’est de la RDC, notamment avec la Belgique.
La réponse administrative est désormais annoncée. Le volet judiciaire reste à documenter : les actes du parquet devront permettre de connaître les faits retenus, les éléments recueillis et les suites données au dossier.
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