BLOC-GÉOPOLITIQUE | 5 novembre 2026 | Par Altesse Mulamba

Les démocrates ont remporté les deux chambres du Congrès. Donald Trump compte sur son droit de veto pour les contraindre à négocier. Mais ce pouvoir ne lui permettra ni de faire adopter ses budgets ni de garantir la fidélité des républicains après leur défaite.

Le président américain Donald Trump lors du sommet de l’OTAN à La Haye, aux Pays-Bas, en juin 2025. Photo d’archives.
Crédit photo : à compléter selon la source originale du cliché.

Le soir des élections, Donald Trump a publié l’image d’une casquette rouge portant un seul mot, « VETO ». Le message annonçait sa réponse à la victoire démocrate. Privé de majorité au Congrès, le président américain entend empêcher ses adversaires de gouverner contre lui. Il affirme aussi pouvoir travailler avec eux, en comptant sur la menace du veto pour obtenir des compromis.

Les démocrates disposeront, à partir du 3 janvier, de la majorité à la Chambre des représentants et d’au moins 54 sièges au Sénat. Leurs gains comprennent des sièges sénatoriaux au Texas, au Kansas et en Caroline du Sud. L’étendue de la défaite oblige les républicains à examiner le coût électoral de leur soutien au président.

La guerre entre dans le débat républicain

J. D. Vance a placé la guerre contre l’Iran au centre des explications de la défaite. Le vice-président a toutefois minimisé ses divergences avec Trump, qui reconnaît les conséquences électorales du conflit tout en maintenant qu’il a pris la bonne décision. Ce désaccord ne constitue pas une rupture. Il expose néanmoins une difficulté pour le parti présidentiel : défendre le bilan de Trump tout en préparant les prochaines élections.

Le scrutin ne se résume pas à la guerre. Une enquête menée auprès de plus de 80 000 électeurs fait également ressortir les préoccupations économiques et démocratiques. Environ quatre électeurs sur dix disent avoir voté pour exprimer leur opposition à Trump. Ces résultats ne permettent pas d’isoler une cause unique, mais ils compliquent toute tentative de réduire la défaite aux insuffisances des candidats républicains.

Pour les élus du parti, la question sera désormais de savoir ce qu’ils peuvent encore défendre devant leurs électeurs. Prendre leurs distances comporte un risque auprès de la base trumpiste. Rester solidaires de toutes les décisions présidentielles peut leur coûter ailleurs. Cette tension pèsera sur les votes, particulièrement lorsque des dépenses militaires ou des mesures touchant directement le pouvoir d’achat seront en jeu.

Le veto ne suffira pas

Trump conserve un moyen de blocage considérable. Pour surmonter son veto, les démocrates devront réunir les deux tiers des voix dans chacune des chambres, donc obtenir un soutien républicain substantiel. Leur victoire ne leur donne pas les moyens d’imposer seuls leur programme au président.

Mais Trump devra lui aussi obtenir leur accord. Le Congrès vote les crédits. Le Sénat se prononce sur les nominations, notamment celles des ministres, des ambassadeurs et des juges fédéraux. Un veto peut empêcher une loi d’entrer en vigueur ; il ne fournit ni les financements ni les confirmations dont une administration a besoin.

La négociation portera donc sur des décisions précises. Quels crédits les démocrates accepteront-ils de voter ? Quelles concessions Trump consentira-t-il pour obtenir une nomination ? Jusqu’où les républicains le suivront-ils lorsque le désaccord affectera leurs États ou leurs circonscriptions ?

Le président pourra choisir l’affrontement, mais il ne maîtrisera pas seul ses conséquences politiques. En opposant son veto à une mesure populaire, il devra en expliquer le refus. Les démocrates, de leur côté, devront assumer les compromis nécessaires pour qu’un texte aboutisse.

Hakeem Jeffries a annoncé des priorités consacrées au logement, à la santé, à l’alimentation et à l’énergie, tout en proposant de rechercher des accords entre les partis. Ce programme engage les démocrates sur des résultats que les électeurs pourront juger dans leur vie quotidienne. Une opposition permanente à Trump ne suffira pas à les produire.

Pour Kinshasa, un partenariat qui devra résister à cette confrontation

La nouvelle majorité américaine ne signifie pas, à elle seule, la remise en cause du partenariat conclu avec la RDC le 4 décembre 2025. Celui-ci concerne les minerais critiques, les infrastructures et la gouvernance. Il prévoit notamment un accès prioritaire américain à certains projets et la mobilisation de financements publics et privés. Ces intérêts économiques dépassent la relation personnelle entre Trump et le président Tshisekedi.

Kinshasa devra cependant distinguer les engagements déjà exécutés de ceux qui attendent encore un financement ou une décision administrative. Leur avenir dépendra des institutions compétentes, des conditions attachées aux projets et, lorsque des crédits fédéraux seront nécessaires, des arbitrages du Congrès.

Pour Trump, les prochains mois permettront de mesurer la solidité de son autorité dans son propre camp. Il pourra compter sur le veto pour arrêter une partie des initiatives démocrates. Pour faire avancer les siennes, il lui faudra réunir des voix que la présidence ne lui garantit plus.






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