11 octobre 2026 | Par la rédaction du Bloc-Notes News
Le président américain Donald Trump a appelé, samedi 10 octobre, au remplacement de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, auquel il reproche de ne pas être parvenu à conclure un accord de paix avec la Russie. Il a également critiqué les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, au lendemain de l’annonce d’un accord avec Moscou destiné à accroître l’approvisionnement du marché en diese

S’exprimant devant des journalistes à la Maison-Blanche, Donald Trump a estimé que l’Ukraine devrait se doter d’un dirigeant capable de négocier la fin de la guerre. Selon lui, Volodymyr Zelensky aurait laissé passer plusieurs occasions de parvenir à un règlement du conflit.
Le président américain a également demandé à Kyiv de cesser ses attaques contre les installations pétrolières russes. Il affirme que ces opérations contribuent à la hausse des prix du diesel et pénalisent notamment les agriculteurs et les éleveurs américains.
Washington assouplit les sanctions sur le diesel russe
Vendredi 9 octobre, Donald Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine portant sur l’approvisionnement en diesel russe. Une première livraison de plus de 300 000 tonnes a été annoncée, suivie de volumes supplémentaires destinés aux marchés américain et international.
Le même jour, le département américain du Trésor, par l’intermédiaire de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), a publié la licence générale n° 135. Celle-ci autorise, jusqu’au 7 avril 2027, certaines transactions liées à la vente, à la livraison et à l’importation de diesel d’origine russe, y compris aux États-Unis.
Cette mesure constitue une dérogation temporaire aux sanctions américaines concernées. Elle ne met pas fin à l’ensemble des restrictions économiques imposées à Moscou.
L’accord intervient dans un contexte de fortes tensions sur les marchés énergétiques, notamment depuis le déclenchement de la guerre avec l’Iran en février. La hausse des prix du diesel représente également un enjeu politique intérieur pour Donald Trump, à l’approche des élections américaines de mi-mandat de novembre.
L’efficacité de cet assouplissement reste toutefois incertaine. Selon des analystes cités par Reuters, les volumes annoncés pourraient ne pas suffire à entraîner une baisse durable des prix, compte tenu des perturbations plus larges du marché pétrolier.
Kyiv défend ses frappes contre les infrastructures russes
Volodymyr Zelensky a vivement critiqué l’accord conclu entre Washington et Moscou. Le président ukrainien estime que l’assouplissement des sanctions risque d’accroître les recettes énergétiques russes et de contribuer au financement de la guerre.
Kyiv présente ses frappes contre les raffineries russes comme un moyen de réduire les ressources économiques dont dispose Moscou pour poursuivre ses opérations militaires.
Selon Axios, qui cite un responsable américain informé des discussions, Donald Trump avait demandé à plusieurs reprises à l’Ukraine de mettre fin à ces attaques.
Volodymyr Zelensky avait proposé de suspendre les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes en contrepartie d’un arrêt des attaques de Moscou contre les centrales électriques ukrainiennes. Washington souhaitait toutefois une suspension unilatérale des opérations ukrainiennes, selon le même média.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a défendu son président, rappelant que le choix du dirigeant ukrainien appartient aux citoyens du pays.
Les négociations de paix à l’épreuve du différend énergétique
Ces tensions surviennent alors que des représentants américains, ukrainiens et européens poursuivent leurs discussions sur les conditions d’un éventuel règlement du conflit.
Vendredi, à Miami, les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré une délégation ukrainienne. Selon Axios, les représentants américains avaient informé leurs interlocuteurs de l’intention de Donald Trump de discuter avec Vladimir Poutine d’un assouplissement des sanctions sur le diesel russe.
L’annonce de l’accord énergétique a néanmoins suscité une vive réaction de Kyiv, qui estime que cette décision risque d’affaiblir la pression économique exercée sur Moscou.
Sur le terrain, les hostilités se poursuivent. Samedi, des frappes russes sur la ville de Zaporijjia ont fait 20 morts, dont trois enfants, selon le bilan rapporté par Reuters à partir des informations ukrainiennes.
Le différend sur les infrastructures pétrolières ajoute ainsi une difficulté aux négociations. Washington cherche à atténuer la pression sur les prix de l’énergie, tandis que Kyiv entend maintenir les restrictions économiques contre la Russie et poursuivre ses attaques contre les installations contribuant, selon elle, au financement de l’effort de guerre russe.
Aucune avancée décisive vers un accord de paix n’a été annoncée à l’issue des derniers échanges diplomatiques.
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