Par Altesse Mulamba | Le Bloc-Notes News | 8 octobre 2026

ExpoBeton tient sa douzième édition à Kinshasa, dix ans après un premier salon consacré aux opportunités dans le secteur de la construction. Depuis, son champ s’est élargi aux infrastructures, au foncier, aux corridors économiques et à l’aménagement des villes. Pour l’édition 2026, les organisateurs annoncent vouloir davantage se concentrer sur l’exécution. Reste à identifier les projets qui pourront effectivement avancer après le forum.

Le président Félix Tshisekedi lors de l’ouverture de la 12e édition d’ExpoBeton, le 7 octobre 2026 à Kinshasa. L’édition est consacrée à la transformation urbaine de la capitale et aux projets d’infrastructures.

La rencontre se déroule du 7 au 10 octobre sous le thème « Kinshasa, locomotive de la transformation des villes de la RDC ». Mobilité, énergie, aménagement du territoire, voiries et réseaux divers, nouvelles cités et financement des infrastructures figurent parmi les principaux sujets annoncés. Des rencontres professionnelles et des visites de terrain complètent le programme.

Un salon né autour de la construction

La première édition d’ExpoBeton s’est tenue du 8 au 10 septembre 2016 au Shark Club, à Kinshasa. Elle était consacrée aux « opportunités dans la construction en RDC ».

Le programme abordait déjà les investissements dans le secteur, le logement, l’aménagement du territoire et les infrastructures. ExpoBeton se présentait alors principalement comme un point de rencontre entre pouvoirs publics, entreprises, investisseurs et professionnels du bâtiment.

Au fil des éditions, les thèmes ont dépassé le seul BTP. Le forum s’est intéressé aux corridors de transport, au développement urbain, au foncier et aux perspectives économiques des différentes régions du pays.

Cette évolution l’a également conduit hors de Kinshasa. Les éditions récentes se sont notamment intéressées au Lualaba, au Kongo Central et, en mai 2026, au Tanganyika, où la onzième édition organisée à Kalemie était consacrée aux corridors africains et aux ressources minières de la province. La bibliothèque d’ExpoBeton recense aujourd’hui plus de 200 documents issus de ses différentes éditions.

Kinshasa revient au centre

Pour la douzième édition, ExpoBeton revient à la capitale.

Le projet Kia Mona, à Maluku, fait partie des principaux dossiers présentés. Il est envisagé comme une extension urbaine de Kinshasa, dans un contexte de croissance rapide de la ville et de pression croissante sur le logement, les transports et les équipements publics.

Le programme officiel prévoit également des discussions sur le SOSAK, les infrastructures, la mobilité, les nouvelles cités, l’énergie et les normes applicables au secteur de la construction. Les organisateurs disent vouloir faire de cette édition un passage de la réflexion à « l’exécution technique ». Cette formulation est celle d’ExpoBeton.

La question de l’exécution est d’autant plus importante que plusieurs des difficultés abordées aujourd’hui ne sont pas nouvelles.

Jean Bamanisa, initiateur d’ExpoBeton, a lui-même relevé avant l’ouverture que des constructions continuent d’être réalisées à Kinshasa sans planification suffisante et sans respect systématique des normes.

Le président Félix Tshisekedi place la mobilité et les services au cœur du débat

Le président Félix Tshisekedi a officiellement lancé les travaux le 7 octobre.

Dans son intervention, le chef de l’État a lié la transformation urbaine aux conditions de vie des habitants, citant notamment l’accès à l’eau, à l’électricité, au logement et aux autres services essentiels.

Sur la mobilité, il a appelé à une organisation plus globale de Kinshasa associant voirie, transports collectifs, rail urbain et transport fluvial. Selon lui, ces différents modes doivent être pensés en fonction des lieux d’habitation, de travail et de services.

Le président a également défendu une approche dans laquelle les infrastructures sont liées à leur environnement économique et social. Il a demandé que les grands investissements soient conçus en tenant compte des besoins en énergie, en eau, en logement, en transport et en connectivité numérique.

Sa présence donne à l’édition 2026 une portée institutionnelle importante. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de déterminer quels projets disposeront d’un financement, d’un calendrier ou d’un mécanisme d’exécution.

Dix ans de propositions, quels résultats ?

ExpoBeton peut documenter les thèmes traités au cours de ses différentes éditions, les recommandations formulées et les acteurs réunis autour de ces discussions.

Il est plus difficile, à partir des informations publiques disponibles, de relier systématiquement ces travaux à des projets effectivement financés, construits ou achevés.

ExpoBeton présente son action comme ayant contribué à la réflexion sur l’organisation des villes et le développement des infrastructures. Cette appréciation émane du forum lui-même. Ses archives permettent de retracer les programmes et les propositions, mais ne fournissent pas encore un bilan consolidé permettant de suivre, recommandation par recommandation, leur niveau d’exécution. 

Cette distinction est importante pour évaluer la douzième édition.

La tenue de rencontres entre responsables publics, entreprises et investisseurs peut faciliter des projets. Leur résultat se mesure toutefois à partir d’éléments plus précis : financement obtenu, études achevées, marchés attribués, calendrier arrêté et travaux effectivement engagés.

Kia Mona parmi les dossiers à suivre

Le projet Kia Mona constitue à ce titre un premier cas à observer.

Il a fait l’objet d’une présentation spécifique lors de l’ouverture d’ExpoBeton. Pour suivre son évolution, plusieurs éléments devront pouvoir être documentés : statut foncier, études techniques, financement, infrastructures de base prévues, calendrier de réalisation et responsabilités des institutions concernées. 

La même méthode peut être appliquée aux autres projets présentés pendant le forum.

Kinshasa dispose par ailleurs d’autres programmes de transformation urbaine qui ne dépendent pas d’ExpoBeton. En mars, la Banque mondiale a approuvé 250 millions de dollars pour un programme portant notamment sur les déchets, la mobilité urbaine, le développement du front de mer et l’emploi. Cette distinction est nécessaire pour éviter d’attribuer au forum des projets décidés ou financés dans d’autres cadres. 

Ce qu’il faudra suivre après le 10 octobre

L’édition 2026 sera donc plus facilement évaluée si les projets présentés peuvent être suivis après la clôture du salon.

Pour chacun d’eux, les informations les plus utiles seront le financement disponible, l’autorité chargée de l’exécution, les échéances annoncées et l’état réel des travaux.

ExpoBeton pourrait également renforcer ce suivi en publiant régulièrement l’état d’avancement des recommandations et projets issus de ses différentes éditions. Un tel document permettrait de distinguer les initiatives encore à l’étude, celles qui sont financées, celles dont l’exécution a commencé et celles qui ont été reportées.

Ce suivi serait particulièrement pertinent en 2026, puisque les organisateurs présentent eux-mêmes cette édition comme davantage tournée vers l’exécution.

Le bilan ne dépendra donc pas seulement des projets présentés pendant quatre jours à Kinshasa. Il dépendra de ceux dont l’avancement pourra être vérifié dans les mois qui suivront.





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Par Altesse Mulamba | Le Bloc-Notes News | 8 octobre 2026


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