Par la rédaction du Bloc-Notes News | 8 septembre 2026

Kinshasa | La République démocratique du Congo accélère la constitution de sa Banque nationale des données géoscientifiques (BNDG), appelée à centraliser les informations sur son sous-sol et à encadrer leur accès par les investisseurs. Le Service géologique national du Congo (SGNC) prévoit sa mise en service complète d’ici la fin de l’année, alors que les modalités d’accès aux données les plus sensibles restent encore à définir.

Signature du contrat entre la RDC et Xcalibur Multiphysics Group

L’enjeu dépasse la création d’une base de données. Selon le SGNC, seulement 20 % environ du territoire congolais a fait l’objet d’une exploration systématique. Dans un pays au cœur de la compétition internationale pour le cuivre, le cobalt et d’autres minerais stratégiques, Kinshasa veut disposer de ses propres informations pour mieux évaluer son sous-sol avant de négocier avec les investisseurs.

Des données gratuites, d’autres payantes

Le dispositif envisagé prévoit plusieurs niveaux d’accès. Les informations géologiques de base devraient être disponibles gratuitement, tandis que des données plus détaillées ou sensibles seraient payantes.

Les revenus générés doivent notamment contribuer au financement de nouvelles campagnes d’exploration et de cartographie.

Mais plusieurs éléments essentiels restent à préciser. Le barème tarifaire, les catégories exactes de données payantes et les modalités détaillées d’accès n’ont pas encore été rendus publics.

Ces règles seront déterminantes. La centralisation des données pourrait réduire l’avantage informationnel dont disposent certains opérateurs privés et améliorer la capacité de l’État à évaluer la valeur potentielle d’un projet minier. À l’inverse, un accès privilégié ou anticipé accordé à certains investisseurs créerait de nouvelles asymétries.

Des responsables de l’ITIE-RDC et du Natural Resource Governance Institute, interrogés par Reuters, soulignent ainsi l’importance de critères objectifs et d’un accès équitable aux informations.

Un programme de cartographie à 180 millions de dollars

La banque doit être alimentée à la fois par des informations géologiques existantes et par de nouvelles campagnes de collecte.

C’est dans ce cadre que le gouvernement congolais a signé, le 29 janvier dernier, un contrat avec l’entreprise espagnole Xcalibur Multiphysics Group pour réaliser une vaste cartographie géophysique et géologique du territoire.

Le programme, évalué à 180 millions de dollars, doit s’étendre sur trois ans et couvrir plus de 700 000 km², selon les informations communiquées par le SGNC et rapportées par Reuters.

Le projet de BNDG, développé avec l’appui du Bureau de recherches géologiques et minières français (BRGM), avait pour sa part été officiellement lancé en juin 2025. Il vise notamment à regrouper des informations jusqu’ici dispersées entre différentes institutions et archives.

Mieux connaître avant de négocier

Pour la RDC, la maîtrise de ces données représente un enjeu économique et stratégique. Une administration qui connaît plus précisément le potentiel géologique d’une zone peut être mieux armée lorsqu’elle attribue des droits miniers ou négocie avec un investisseur.

La future banque pose néanmoins une question centrale : la souveraineté sur les données peut-elle renforcer la position de l’État tout en garantissant leur transparence et un accès équitable ?

La réponse dépendra moins de l’existence de la plateforme que des règles qui l’accompagneront. La publication des tarifs, des catégories de données accessibles et des procédures d’accès constituera donc l’un des premiers tests du nouveau dispositif.


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Par la rédaction du Bloc-Notes News | 8 septembre 2026


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