Ebola en RDC : le bilan dépasse 3 200 morts, les chaînes de transmission persistent
Par la rédaction du Bloc-Notes News | 8 septembre 2026
Kinshasa | L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo a causé 3 226 décès parmi 6 686 cas confirmés, selon le dernier bilan du gouvernement, arrêté au 6 septembre. Malgré le renforcement du dépistage et de la prise en charge, les autorités sanitaires ne parviennent toujours pas à identifier toutes les chaînes de transmission.

Crédit photo : Alexis Huguet / MSF
Le bilan fait également état de 1 563 personnes guéries et de 819 patients hospitalisés ou placés en isolement. Le taux de létalité s’établit à environ 48,3 %, tandis que 85,3 % des contacts identifiés seraient suivis.
Officiellement déclarée le 15 mai en Ituri, l’épidémie est causée par le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo. Deux jours plus tard, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) l’a déclarée urgence de santé publique de portée internationale.
Avec plus de 3 200 morts, elle est désormais la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, dépassant l’épidémie de 2018-2020, qui avait causé près de 2 300 décès. À l’échelle mondiale, elle constitue la deuxième plus importante épidémie d’Ebola documentée, derrière celle d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016.
61 zones de santé touchées
L’épidémie s’étend désormais à 61 zones de santé dans six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Bas-Uélé. L’Ituri reste son principal foyer.
L’insécurité, les déplacements de population, les difficultés d’accès à certaines zones et la méfiance d’une partie des communautés compliquent la surveillance et la prise en charge des malades.
Des chaînes de transmission encore difficiles à identifier
La persistance de chaînes de contamination non détectées reste l’une des principales faiblesses de la riposte.
Selon l’OMS, la majorité des décès continuent de survenir au sein des communautés plutôt que dans les centres de traitement. De nombreuses personnes décédées ne figuraient pas parmi les contacts déjà identifiés par les équipes sanitaires.
Les retards dans la détection des malades, les enterrements non sécurisés et les difficultés d’accès aux soins permettent au virus de circuler avant que certains foyers soient identifiés.
« Tant que chaque chaîne de transmission ne sera pas identifiée et interrompue, l’épidémie continuera de menacer la RDC, ses voisins et l’ensemble de la région », a averti le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 2 septembre.
Un cas détecté dans une zone contrôlée par l’AFC/M23
Le 3 septembre, les services sanitaires locaux ont confirmé un cas d’Ebola dans la zone de santé de Kayna, au Nord-Kivu, actuellement sous contrôle de l’AFC/M23.
Le patient, un homme de 21 ans arrivé de Butembo, a été identifié lors d’un contrôle sanitaire avant d’être placé en isolement et déclaré positif. L’endroit où il a contracté le virus n’a pas été établi.
Les responsables sanitaires locaux ont annoncé le renforcement de la surveillance et du suivi des contacts. Ce cas illustre une difficulté supplémentaire : une partie de l’épidémie évolue dans des territoires où l’État congolais ne contrôle plus directement l’administration et l’accès au terrain.
Aucun vaccin homologué contre Bundibugyo
Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifiquement homologué contre le virus Ebola Bundibugyo.
Le vaccin Ervebo, homologué contre le virus Ebola Zaïre, est néanmoins administré à certains professionnels de santé exposés. Son efficacité contre Bundibugyo n’est pas encore établie.
Deux vaccins visant spécifiquement Bundibugyo sont en phase d’essais de sécurité au Royaume-Uni et au Canada. Des essais d’efficacité pourraient débuter en RDC dans les prochains mois. Des traitements expérimentaux sont également évalués.
Une riposte estimée à 1,3 milliard de dollars
Le gouvernement congolais et ses partenaires ont révisé leur plan de riposte pour les prochains mois. Les besoins sont estimés à 1,3 milliard de dollars, notamment pour renforcer la surveillance, les laboratoires, les centres de traitement, les enterrements sécurisés et les interventions communautaires.
Ce montant représente les besoins estimés de la riposte et non les financements déjà mobilisés.
Malgré le renforcement des moyens, l’évolution de l’épidémie dépendra surtout de la capacité des équipes sanitaires à identifier plus rapidement les nouveaux malades, réduire les décès communautaires et interrompre les chaînes de transmission qui échappent encore à la surveillance.
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