— 20 juin 2026 | par Moïse Musangana | Bloc-Politique | Le Bloc-Notes News
« Chien des Rwandais ». Cette métaphore employée par le président Félix Tshisekedi devant la diaspora congolaise à Houston, à l’issue du match historique RDC-Portugal comptant pour le premier tour du Mondial 2026, continue de susciter de nombreuses réactions.

À l’intérieur comme à l’extérieur du pays, les réseaux sociaux se sont rapidement enflammés. Les partisans de l’ancien président Joseph Kabila, ainsi que plusieurs détracteurs du chef de l’État, ont dénoncé des propos qu’ils jugent inappropriés, allant jusqu’à qualifier Félix Tshisekedi d’« indigne » ou de « mal éduqué ».
Pourtant, le président de la République semblait vouloir rappeler à ses compatriotes une réalité historique qu’une partie de l’opinion préfère parfois ignorer.
Une métaphore qui ne date pas d’aujourd’hui
Ce que Félix Tshisekedi a exprimé à Houston n’est pas une idée nouvelle.
Bien avant lui, le journaliste Morro Mwamba wa ba Mulamba alertait déjà sur ce qu’il considérait comme l’influence du Rwanda dans l’accession au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila.
Au sein même de la rédaction du journal Le Potentiel, où il travaillait, Morro Mwamba était connu pour ses prises de position tranchées. Selon plusieurs témoignages de ses anciens collègues, il estimait que les Congolais finiraient par déchanter après l’arrivée de Laurent-Désiré Kabila au pouvoir.
À ses yeux, ce dernier n’était pas l’homme providentiel présenté à l’époque, mais plutôt un instrument servant des intérêts extérieurs.
Le contexte de 1997
Au début des années 1990, après l’échec de la Conférence nationale souveraine et l’enlisement politique du régime Mobutu, une grande partie de la population souhaitait le départ du maréchal.
Dans ce contexte de lassitude générale, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), soutenue notamment par le Rwanda, finit par prendre le pouvoir à Kinshasa le 17 mai 1997.
Pour certains observateurs, cette transition a ouvert la voie à une influence étrangère durable dans les affaires congolaises.
La rupture entre Laurent-Désiré Kabila et Kigali
Plus d’un an après son arrivée au pouvoir, Laurent-Désiré Kabila demanda le départ des troupes rwandaises présentes sur le territoire congolais.
Cette décision marqua une rupture avec ses anciens alliés.
Le 16 janvier 2001, il fut assassiné dans des circonstances qui continuent d’alimenter les débats et les spéculations. Son fils, Joseph Kabila, lui succéda à la tête de l’État.
Joseph Kabila au cœur des accusations
L’auteur estime que les prises de position récentes de Joseph Kabila sur la crise dans l’Est du pays renforcent les critiques formulées depuis plusieurs années à son encontre.
Il évoque notamment les déclarations de l’ancien président sur l’AFC-M23, ainsi que ses déplacements dans les zones contrôlées par la rébellion.
Pour ses détracteurs, ces éléments démontreraient une proximité politique avec Kigali. Ses partisans rejettent quant à eux ces accusations.
Hommage à Morro Mwamba wa ba Mulamba
Au-delà de la polémique actuelle, cette séquence politique remet en lumière la mémoire de Morro Mwamba wa ba Mulamba.

Premier secrétaire général de Journalistes en danger (JED), il s’était distingué par son indépendance de ton et ses positions souvent à contre-courant.
Décédé le 2 décembre 2001 à l’âge de 38 ans, il n’aura pas vécu les événements qui ont suivi l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila ni les dix-huit années de pouvoir de Joseph Kabila.
Pour l’auteur, le temps aurait néanmoins donné raison à plusieurs de ses analyses.
Que son âme repose en paix.
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— par La Rédaction | Le Bloc-Notes News | Moïse Musangana | Depuis Fès, au Maroc
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