— 23 mars 2026 | Le Bloc-Notes News | Altesse Mulamba
Kinshasa, 23 mars 2026 | Catherine Nzuzi wa Mbombo, l’une des rares femmes à avoir occupé des postes de haut niveau sous le régime de Mobutu Sese Seko et au-delà, est décédée le 18 mars 2026 à Kinshasa, à l’âge de 81 ans. Selon des sources hospitalières et son avocat Jean-Pierre Nkombe, elle s’est éteinte à la Clinique Ngaliema. Certaines sources mentionnent 82 ans, mais la majorité converge sur 81 ans.

Née en 1944 à Tshumbe Sainte-Marie, dans l’actuelle province du Sankuru, Catherine Nzuzi wa Mbombo a entamé sa carrière politique à un jeune âge, dans un contexte où les femmes étaient très peu représentées aux fonctions exécutives. À 23 ans, en 1967, elle est nommée bourgmestre (maire) de la commune de la Gombe, le quartier administratif et résidentiel le plus prestigieux de Kinshasa.

Elle gravit ensuite rapidement les échelons au sein du Mouvement populaire de la révolution (MPR), le parti unique sous Mobutu. Elle occupe successivement les postes de commissaire provinciale, inspectrice d’État, vice-gouverneure puis gouverneure de la ville de Kinshasa, et gouverneure de la province du Bas-Zaïre (aujourd’hui Kongo central) de 1972 à 1974. Elle intègre le Comité central du MPR, où elle exerce une influence notable, occupant à un moment des fonctions équivalentes à une vice-présidence du parti au pouvoir.

Parallèlement à sa carrière politique, elle se distingue comme femme d’affaires indépendante. Elle fonde notamment la Maison industrielle de commerce et du froid (MAICOFROID) et investit dans l’immobilier, démontrant une autonomie économique rare pour l’époque.
La chute de Mobutu en mai 1997 marque un tournant brutal. Arrêtée par le nouveau régime de Laurent-Désiré Kabila, elle est emprisonnée pendant près de 20 mois en raison de son passé mobutiste. Libérée, elle reprend une activité politique active. Elle est nommée ministre de la Solidarité et des Affaires humanitaires sous Joseph Kabila en 2002. En 2006, elle se présente à l’élection présidentielle, obtenant un score modeste mais confirmant sa volonté de rester dans l’arène.
Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est distinguée par son plaidoyer constant en faveur d’une plus grande participation des femmes à la vie politique partisane. Elle estimait que les femmes devaient dépasser les rôles associatifs ou humanitaires pour investir les institutions et les partis, affirmant notamment que « rarement les femmes sont malhonnêtes » en politique.

Sa disparition, survenue en plein mois de mars – dédié aux droits des femmes –, a suscité de nombreux hommages. La Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi a salué « une grande figure de notre histoire nationale » marquée par « l’engagement, le courage et la transmission ». Nzanga Mobutu, fils de l’ancien président, a rendu hommage à sa « loyauté indéfectible » aux idéaux du MPR. La province du Kongo central, qu’elle a gouvernée, a également exprimé sa reconnaissance pour ses « loyaux services ».
Figure controversée pour certains en raison de sa proximité avec le régime mobutiste, Catherine Nzuzi wa Mbombo reste reconnue comme une pionnière du leadership féminin en RDC. Son parcours de plus de cinq décennies illustre les défis et les opportunités de la politique congolaise à travers plusieurs époques et régimes. Son héritage invite à poursuivre le combat pour une représentation accrue des femmes aux plus hauts niveaux de l’État.
Les obsèques n’ont pas encore été détaillées publiquement.
— par Altesse Mulamba | Le Bloc-Notes News | La voix de la République
Restez connectés sur : X : @BlocNotesNews | @altessemulamba | IG : @leblocnotesnews | @altesse_mulamba_officiel |Facebook : @LeBloc-NotesNews | @Altesse Mulamba |TikTok : @leblocnotesnews | @altessemulamba |Écrivez-nous : leblocnotesnews@gmail.com
