— 29 janvier 2026 | Le Bloc-Notes News | Altesse Mulamba

Kinshasa | Dans toute démocratie fonctionnelle, la fiscalité n’est ni une sanction ni une faveur. Elle repose sur un principe simple mais fondamental : le consentement à l’impôt en échange de services publics visibles, mesurables et continus. À Kinshasa, ce principe semble aujourd’hui profondément fragilisé.


Daniel Bumba | Gouverneur de la ville de Kinshasa.

Alors que les autorités renforcent les prélèvements liés à la circulation routière : vignette, permis de conduire, contrôle technique et assurance ; la situation de la mobilité dans la capitale congolaise continue de se dégrader. Routes endommagées, embouteillages chroniques, signalisation quasi inexistante et éclairage public insuffisant soulèvent une question importante : à quoi correspondent concrètement les taxes exigées des usagers ?

Une fiscalité sans infrastructure visible

La capitale congolaise fait face à des difficultés de mobilité structurelles. Les embouteillages massifs paralysent l’activité économique, allongent les temps de déplacement et exposent quotidiennement les citoyens à des risques accrus. Dans plusieurs axes stratégiques, la chaussée est dégradée, parfois impraticable.
À cela s’ajoute l’absence d’un dispositif cohérent de régulation du trafic : feux tricolores défaillants, éclairage nocturne insuffisant, panneaux de signalisation inexistants.

Dans ce contexte, l’augmentation ou la rigidité des exigences fiscales liées à la circulation ne peut être analysée uniquement comme une mesure administrative. Elle pose une question plus profonde : celle de la lisibilité de l’action publique.

L’impôt comme contrat, non comme contrainte

Dans les standards internationaux de gouvernance, l’impôt est indissociable de la notion de retour public. Lorsque le citoyen ne perçoit plus de bénéfice tangible – sécurité routière, fluidité du trafic, infrastructures entretenues, la perception de l’impôt par les usagers se détériore, même si elle demeure juridiquement fondée.

La situation est d’autant plus frappante lorsque la comparaison est faite avec d’autres villes du pays, où les investissements visibles dans les infrastructures routières et l’organisation urbaine semblent plus avancés. Kinshasa, principale agglomération politique et administrative du pays, apparaît alors en décalage avec son statut.

Une question de gouvernance urbaine

Au-delà de la contestation populaire, cette problématique renvoie à un enjeu central de gouvernance : la cohérence entre prélèvement et service rendu. Exiger davantage sans améliorer l’environnement urbain revient à fragiliser le lien de confiance entre l’État et les citoyens.

La fiscalité routière ne peut être perçue comme une simple obligation financière déconnectée de toute amélioration concrète du cadre de vie. Sans investissements visibles, sans transparence sur l’affectation des fonds, et sans résultats mesurables, elle devient un facteur de tension sociale plutôt qu’un levier de développement.

Restaurer le consentement, pas seulement la conformité

La question n’est donc pas de rejeter l’impôt, mais de rétablir son sens. Restaurer le consentement fiscal passe par des routes praticables, une circulation régulée, un éclairage public fonctionnel et une signalisation adéquate.
Autrement dit, par une politique urbaine qui démontre, preuves à l’appui, que l’effort demandé aux citoyens se traduit par un mieux-être collectif.




— par Altesse Mulamba | Le Bloc-Notes News | La voix de la République


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