Mali : Mariam Cissé, exécutée publiquement par des jihadistes dans la région de Tombouctou
— 13 novembre 2025 | Le Bloc-Notes News | Altesse Mulamba
La jeune influenceuse malienne Mariam Cissé, âgée d’une vingtaine d’années, a été exécutée publiquement à Tonka, dans la région de Tombouctou. Des hommes armés l’ont accusée d’espionnage pour le compte de l’armée malienne, avant de la fusiller sur la place du village, devant la population.

Selon sa famille, Mariam Cissé n’était pas militaire mais active sur les réseaux sociaux, où elle affichait parfois son soutien à l’armée malienne et apparaissait en tenue de soldat. Ce détail aurait suffi à faire d’elle une cible dans une zone contrôlée par des groupes djihadistes.

Une zone sous influence djihadiste
L’exécution s’est produite dans une zone où opère le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une coalition affiliée à Al-Qaïda. Créé en 2017 et dirigé par Iyad Ag Ghaly, le JNIM regroupe plusieurs factions armées, dont Ansar Dine et la Katiba Macina. Aucune revendication officielle n’a été publiée, mais les autorités et les ONG estiment que le groupe est probablement à l’origine de l’assassinat.

Le Mali face à une triple crise
Le Mali s’enfonce dans une triple crise : sécuritaire, économique et politique.
- Sur le plan sécuritaire, l’État a perdu le contrôle de vastes zones dans le Nord et le Centre.
- Sur le plan économique, la pauvreté s’aggrave et les sanctions régionales ont freiné les échanges.
- Sur le plan politique, la transition militaire se prolonge et les élections prévues sont constamment repoussées.
Depuis le coup d’État du 18 août 2020, le pays est dirigé par une junte militaire menée par le colonel Assimi Goïta, auteur du putsch contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. En mai 2021, il a pris le contrôle total du pouvoir après avoir renversé le gouvernement de transition.

Un climat d’insécurité et de peur
Sous le régime Goïta, le discours officiel met en avant la souveraineté nationale, mais l’insécurité s’est aggravée. Dans plusieurs régions, les groupes armés imposent leurs lois et rendent leur propre justice. Sans être directement impliqué, le gouvernement porte une responsabilité politique : le vide sécuritaire et l’absence de protection des civils ont rendu possibles des exécutions comme celle de Mariam Cissé.

Un contexte géopolitique tendu
Sur le plan international, le Mali s’est détourné de ses alliés occidentaux pour se rapprocher de la Russie.
- Les forces françaises et onusiennes ont été expulsées.
- Des instructeurs russes et d’anciens membres du groupe Wagner opèrent aux côtés de l’armée malienne.
- Avec le Burkina Faso et le Niger, Bamako a formé l’Alliance des États du Sahel (AES), en rupture avec la CEDEAO.
Malgré cette réorientation, les attaques djihadistes persistent et la population reste la première victime d’un État affaibli et d’une guerre sans issue claire. L’exécution de Mariam Cissé illustre l’effondrement de la protection des civils et la montée de l’intolérance idéologique dans le Nord.
Qui est Assimi Goïta ?
Le colonel Assimi Goïta est l’actuel chef de l’État malien. Officier des forces spéciales, il a dirigé le coup d’État du 18 août 2020 qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta. Un an plus tard, en mai 2021, il a pris le contrôle complet du pouvoir après avoir écarté le gouvernement de transition. Depuis, il dirige une junte militaire qui prône la souveraineté nationale tout en repoussant les élections. Le régime a rompu avec la France, expulsé la MINUSMA et renforcé ses liens avec la Russie, notamment via des instructeurs liés au groupe Wagner.
Qui sont les djihadistes du JNIM ?
Le JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin) est une coalition djihadiste affiliée à Al-Qaïda, active au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Dirigé par Iyad Ag Ghaly, le groupe regroupe plusieurs mouvements, dont Ansar Dine, Al-Mourabitoune et la Katiba Macina. Son objectif est d’imposer la charia et de renverser les régimes laïcs du Sahel. Le JNIM est soupçonné d’être responsable de l’exécution de Mariam Cissé, survenue dans une zone sous son influence.
Analyse | Le Bloc-Notes News
L’affaire Mariam Cissé révèle les failles d’un État fragilisé et la dérive sécuritaire d’un pouvoir militaire isolé. Le Mali, pris entre l’expansion djihadiste, la dépendance russe et le repli diplomatique, traverse une période d’incertitude profonde. Dans ce contexte, la liberté d’expression devient un risque, et la jeunesse malienne se retrouve seule face à la peur.
— Altesse Mulamba | Directrice et Rédactrice en Chef du Bloc-Notes News
— par Altesse Mulamba | Le Bloc-Notes News | La voix de la République
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