BBL : beauté recherchée, santé en danger

— 10 novembre 2025 | La Rédaction | Le Bloc-Notes News |

Dans un monde obsédé par l’image, le corps est devenu un terrain de mise en scène, de contrôle et parfois de mise en danger. Le Brazilian Butt Lift, plus connu sous le sigle BBL, promet des formes idéales et une silhouette inspirée des influenceuses. Il est présenté comme une simple amélioration du corps. En réalité, il s’agit d’une intervention lourde, classée parmi les plus risquées de la chirurgie esthétique moderne.


Illustration médicale du BBL, zones de transfert de graisse et directions de remodelage.
© Image à but éducatif, non libre de droits.

Une intervention très populaire, un risque exceptionnel

Le BBL consiste à prélever de la graisse sur certaines zones du corps, comme le ventre ou les cuisses, pour la réinjecter dans les fesses afin de les rendre plus rondes et plus volumineuses. Techniquement, c’est une combinaison de liposuccion et de réinjection de graisse.

Au niveau international, cette procédure est désormais considérée comme l’une des plus dangereuses en chirurgie esthétique. En 2018, plusieurs sociétés savantes de chirurgie plastique ont tiré la sonnette d’alarme, évoquant un taux de mortalité pouvant atteindre un décès pour trois mille interventions, bien supérieur à celui des autres opérations esthétiques.

Une vaste enquête publiée en 2017, portant sur près de deux cent mille cas de transfert de graisse vers la région fessière, a recensé des dizaines de décès et estimé un risque de mortalité compris entre un décès pour environ deux mille trois cent cinquante et un pour six mille interventions.

Depuis, des recommandations de sécurité ont permis de réduire ce risque dans les centres les mieux encadrés. Certains travaux récents indiquent qu’avec des protocoles stricts, la mortalité peut descendre autour d’un décès pour quinze mille interventions.

Mais ces chiffres ne concernent que les pays où la régulation médicale est stricte. Ils ne reflètent pas la réalité des cliniques à bas coût, des pratiques clandestines ou des contextes où la surveillance sanitaire reste faible. Dans plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique latine, le BBL est encore décrit comme « la chirurgie esthétique la plus mortelle au monde ».

En Afrique francophone et en République démocratique du Congo, les données officielles sont quasi inexistantes. Cette absence de chiffres ne signifie pas que le risque est faible. Elle révèle au contraire le manque d’observation et de sensibilisation publique.

Ce qui rend le BBL si dangereux

Le principal danger du BBL est l’embolie graisseuse. Lorsque la graisse est injectée trop profondément, elle peut pénétrer dans les veines, remonter vers le cœur ou les poumons et provoquer un blocage brutal de la circulation. Cette complication peut être fatale.

À cela s’ajoutent d’autres risques sérieux : infections, hémorragies, nécrose de la peau ou des tissus, troubles de la cicatrisation, douleurs chroniques. Lorsque la procédure est réalisée dans des cliniques non accréditées ou par du personnel non qualifié, ces risques explosent. Une étude récente montre que la majorité des décès surviennent dans des structures à bas coût, où les chirurgiens enchaînent plusieurs opérations par jour.

Le poids du regard et le marché du corps

Le BBL n’est pas seulement un acte médical. C’est le reflet d’un mal plus profond : l’obsession de l’image. Dans une culture dominée par le paraître, beaucoup de jeunes femmes apprennent que leur valeur se mesure à leur apparence. Les réseaux sociaux renforcent cette pression. Les filtres gomment les imperfections, les likes valident les formes.

Dans ce climat, la chirurgie esthétique devient une solution rapide pour correspondre à une norme imposée. Mais derrière la photo parfaite, il y a un corps réel, un organisme fragile, une santé parfois menacée. Certaines femmes risquent leur vie pour ressembler à une image fabriquée, sans toujours comprendre la gravité de l’acte médical.

Une question de santé publique et de responsabilité collective

Le BBL pose une question essentielle : comment une société peut-elle accepter que des citoyens mettent leur vie en jeu pour suivre une tendance, sans que la prévention soit à la hauteur du danger ?

Dans une République qui se respecte, la santé du peuple ne doit jamais être livrée au marché du corps. La responsabilité ne repose pas seulement sur celles qui se font opérer. Elle pèse aussi sur les cliniques qui banalisent l’intervention, sur les professionnels qui ferment les yeux, sur les autorités qui tardent à réguler, et sur les médias qui célèbrent les résultats sans parler des conséquences.

Informer sur les risques, encadrer les pratiques et exiger des normes médicales claires relèvent d’une politique de santé publique. La manière dont une société protège le corps de ses membres dit beaucoup de la valeur qu’elle accorde à la vie.

Le droit à l’information, premier soin avant le bistouri

La beauté n’est pas un problème. Le désir de se sentir bien dans son corps est légitime. Ce qui devient problématique, c’est le silence autour des risques réels. Chaque femme devrait avoir accès à une information claire et honnête avant toute intervention.

Le BBL figure aujourd’hui parmi les interventions esthétiques les plus dangereuses. Le choix du chirurgien, du lieu, et la vérification des autorisations sont essentiels. Informer, ce n’est pas dissuader, c’est protéger. C’est donner à chacune la possibilité de choisir en toute connaissance de cause.

Parce qu’une nation qui laisse ses filles risquer leur vie pour exister dans un miroir oublie que la première dignité humaine, c’est la vie.


Comprendre le BBL en trois points

  • 1. Qu’est-ce que le BBL ? Une opération esthétique consistant à transférer de la graisse du ventre ou des cuisses vers les fesses.
  • 2. Pourquoi est-ce risqué ? Parce que l’injection de graisse peut provoquer une embolie graisseuse, souvent mortelle si elle atteint le cœur ou les poumons.
  • 3. Comment se protéger ? Vérifier les diplômes du chirurgien, les autorisations de la clinique, refuser les offres à bas coût et exiger un suivi médical complet avant et après l’intervention.

Sources

  • American Society of Plastic Surgeons, communiqué sur les risques du BBL (2018)
  • Aesthetic Surgery Journal, étude sur la mortalité liée au transfert de graisse (2017)
  • National Library of Medicine, revue sur les complications post-opératoires (2022)
  • VeryWell Health, synthèse sur la sécurité du BBL (2024)

Bloc-Santé | Pour la santé du peuple, au nom de la République




— par La Rédaction | Le Bloc-Notes News | La voix de la République


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