— Mardi 17 Juin 2025 | Le Bloc-Notes News | Altesse Mulamba

Dans les couloirs du pouvoir à Kinshasa, le ministre de la Justice, Constant Mutamba, autrefois fer de lance de la lutte contre la corruption, se retrouve aujourd’hui au centre d’un scandale d’État. Il est accusé de détournement de millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Cette affaire, qui a conduit à la levée de son immunité parlementaire, met à l’épreuve l’engagement de la République Démocratique du Congo (RDC) à combattre l’impunité. Entre enjeux judiciaires et pressions politiques, quel avenir se profile pour Mutamba — et pour la nation ?


Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba

Un scandale aux lourdes accusations

Le 15 juin 2025, l’Assemblée nationale a voté à une large majorité (322 voix contre 41) la levée de l’immunité de Constant Mutamba, permettant au Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, d’ouvrir une enquête pour détournement de fonds publics.

Au cœur des accusations : la disparition présumée de 19 millions de dollars sur les 39 millions alloués à la construction d’un établissement pénitentiaire à Kisangani. Les fonds auraient été versés à Zion Construction, une entreprise dont le nom ne figure dans aucun registre officiel, sans bureaux ni expertise documentée dans le secteur.

« Ces allégations sont une tentative de me discréditer », a déclaré Mutamba. « Je suis victime d’un complot politique orchestré par ceux que mes réformes dérangent. »

En vertu de l’article 166 de la Constitution, un ministre poursuivi pour des infractions graves peut être contraint de démissionner. Le Code pénal, à son article 147, prévoit jusqu’à vingt ans de prison pour détournement de deniers publics.

L’enquête a d’ores et déjà été élargie à d’autres volets, notamment à la gestion des fonds destinés aux victimes des agressions ougandaises — un développement qui accroît encore la pression sur le ministre.

Une procédure judiciaire à suivre de près

Alors que les tensions montent, le processus judiciaire entre dans une phase décisive. Après deux auditions, les 3 et 6 juin, jugées non convaincantes par le parquet, une interdiction de quitter Kinshasa a été imposée à Mutamba le 16 juin.

Les prochaines étapes incluent :

1. Mise en accusation : Le Procureur général devrait prochainement déposer des charges formelles devant la Cour de cassation.

2. Procès : Un procès potentiellement long, qui examinera les mouvements de fonds et les contrats passés.

3. Démission possible : Le président Félix Tshisekedi pourrait exiger sa démission. Certains alliés de l’Union sacrée appellent toutefois au respect de la présomption d’innocence.

4. Verdict : Une condamnation entraînerait des peines lourdes et une exclusion probable de la vie politique.

Mutamba peut-il s’en sortir ?

Mutamba a tenté, en vain, de récuser le procureur Firmin Mvonde pour partialité. Il mise désormais sur une défense offensive. Ses avocats pourraient contester la procédure de levée d’immunité ou l’authenticité des documents bancaires. Mais si les virements vers Zion Construction sont confirmés par des preuves matérielles, ses chances de s’en sortir s’amenuisent.

Le contexte politique ne lui est pas favorable. En 2019, le scandale des « 15 millions » impliquant des proches de l’ex-président Joseph Kabila avait révélé l’ampleur de la corruption en RDC. Aujourd’hui, l’affaire Mutamba divise l’opinion : certains y voient une chasse aux sorcières, d’autres, un signal fort de la volonté politique de mettre fin à l’impunité.

« Si même le ministre de la Justice est poursuivi, qui est intouchable ? », s’interroge un député de l’opposition sous couvert d’anonymat.

Un enjeu national

Au-delà de la personne de Constant Mutamba, c’est l’avenir de l’État de droit qui se joue. Une justice indépendante, capable de résister aux pressions politiques, renforcerait la confiance des citoyens comme des partenaires internationaux. Une condamnation, si les faits sont avérés, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la corruption. À l’inverse, un acquittement fondé sur des considérations politiques risquerait de discréditer encore davantage les institutions judiciaires.

« Nous voulons croire en une justice équitable », confie Marie, enseignante à Kinshasa, dans un post relayé sur X. « Mais trop souvent, les puissants s’en sortent. »

Conclusion

L’affaire Mutamba s’annonce comme un moment de vérité pour la RDC. Alors que le ministre de la Justice se prépare à affronter la Cour de cassation, le pays tout entier observe si la justice peut triompher des intérêts politiques.

Le verdict, quel qu’il soit, laissera une empreinte durable dans l’histoire institutionnelle congolaise.


— par Altesse Mulamba | Directrice et Rédactrice en Chef | Le Bloc Notes-News | La voix de la République


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