— 28 avril 2025 | Le Bloc-Notes News | Altesse Mulamba
Le 25 avril 2025, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont signé, sous l’égide des États-Unis, une « Déclaration de principes » visant à réduire les tensions persistantes dans la région des Grands Lacs. Ce geste diplomatique, salué par certains comme une percée, est perçu par d’autres comme une manœuvre périlleuse pour la souveraineté congolaise. Dans un contexte d’instabilité régionale, de compétition internationale sur les ressources stratégiques et de pressions humanitaires croissantes, le président Félix Tshisekedi a fait le choix du pragmatisme diplomatique. Un pari risqué mais compréhensible au regard des réalités géopolitiques. Reste à savoir si cette ouverture constituera un tremplin vers la consolidation nationale ou, au contraire, un nouveau vecteur d’ingérences étrangères.

Une stratégie de diplomatie pragmatique face à des rapports de force défavorables
La RDC, riche de minerais stratégiques convoités mondialement, fait l’objet de toutes les attentions internationales.
Face à une armée en reconstruction, une situation humanitaire dramatique dans l’Est et un soutien international hésitant, le président Tshisekedi a opté pour une approche réaliste : privilégier la négociation pour éviter l’isolement et tenter de fixer des alliances de circonstance.
Le partenariat proposé aux États-Unis — accès aux ressources stratégiques congolaises en échange d’un soutien diplomatique et sécuritaire — est une démarche habile. Elle démontre la volonté du pouvoir congolais de s’inscrire dans les dynamiques internationales et d’éviter que le dossier congolais ne sombre dans l’oubli.
Cependant, l’introduction du Rwanda comme participant direct aux discussions économiques sur les ressources du Congo pose un problème majeur : elle risque d’entériner, de fait, une reconnaissance des ambitions rwandaises dans le Kivu, alors même que le Congo cherche à se prémunir de leur influence.
Les risques d’une ouverture mal calibrée
L’analyse réaliste des relations internationales nous enseigne que toute faiblesse perçue entraîne des prédations.
Or, plusieurs éléments de la « Déclaration de principes » peuvent inquiéter :
La facilitation du retour des réfugiés dits “Congolais” vivant au Rwanda, dans un contexte où de nombreux observateurs estiment qu’il s’agirait en réalité de citoyens rwandais d’ethnie tutsie déplacés pour des raisons stratégiques.
La régionalisation des ressources et la participation du Rwanda aux discussions minières pourraient préfigurer un modèle de “co-gestion” du sous-sol congolais, au détriment de la souveraineté nationale.
De plus, la mémoire collective rappelle l’existence du fameux « Plan Sarkozy », souvent perçu comme une proposition française de partage des richesses du Congo avec ses voisins. S’il n’a jamais été formellement adopté, les dynamiques actuelles — sous influence américaine — montrent que cette logique s’installe discrètement : les puissances globales semblent chercher non pas à rétablir la pleine souveraineté congolaise, mais à « stabiliser » la région via un équilibre économique où le Rwanda jouerait un rôle clé.
Tshisekedi : entre gestion de crise et préparation de l’avenir
Il serait toutefois injuste de réduire la démarche du président Tshisekedi à une faiblesse ou à une capitulation. Dans un environnement régional hostile et un contexte international dominé par la realpolitik, la négociation apparaît comme une méthode rationnelle pour éviter une guerre totale qui serait dévastatrice pour les populations civiles.
En optant pour une paix temporaire, le président Tshisekedi a fait le choix du réalisme.
Mais cette démarche de court terme doit impérativement devenir un levier pour agir vite, renforcer l’État et anticiper les prochaines crises.
C’est pourquoi la situation actuelle appelle une réorganisation stratégique profonde, pour éviter que cette trêve diplomatique ne se retourne contre la RDC dans l’avenir.
Trois priorités stratégiques pour restaurer l’intégrité nationale
Afin que le Congo retrouve pleinement sa dignité nationale après cette phase d’humiliation, trois axes d’action doivent être engagés sans délai :
1. Organiser les États généraux militaires
Moderniser et professionnaliser l’armée. Renforcer les capacités de renseignement et d’anticipation stratégique. Instaurer une doctrine de défense nationale adaptée aux nouvelles menaces hybrides.
2. Préparer la nouvelle classe politique
Former une génération de leaders patriotes, compétents, ancrés dans les réalités géopolitiques africaines et mondiales. Assurer une relève politique capable de défendre, avec force et intelligence, les intérêts supérieurs de la nation.
3. Refonder la diplomatie congolaise
Adopter une diplomatie offensive, proactive et alignée sur les intérêts stratégiques du Congo. Développer des alliances nouvelles pour réduire la dépendance vis-à-vis des puissances traditionnelles.
Conclusion : Le Congo à la croisée des chemins
La « Déclaration de principes » signée avec le Rwanda, sous l’égide des États-Unis, est un compromis dicté par les circonstances.
Elle ne doit pas être vue comme une défaite, mais comme une fenêtre de tir temporaire offerte pour reconstruire, se réarmer politiquement et militairement, et préparer le retour à une pleine souveraineté nationale.
Le président Félix Tshisekedi a posé un acte de réalisme diplomatique. À présent, l’urgence est d’enraciner ce réalisme dans une stratégie nationale ambitieuse et cohérente, capable d’assurer aux Congolais un avenir où la dignité, l’intégrité territoriale et la souveraineté ne seront plus négociables.
Édito d’Altesse Mulamba – Pour une Souveraineté Retrouvée et une Classe Politique Réparée
Le présent article s’inscrit dans une démarche bien plus large : celle d’une réflexion profonde sur l’avenir de notre pays, la République démocratique du Congo. Une réflexion que je partage avec vous à travers “Le Bloc-Notes News”, pour offrir une perspective analytique, critique et constructive sur les enjeux géopolitiques actuels.
Depuis plusieurs années, notre pays se trouve pris dans un entrelacs complexe d’enjeux régionaux et internationaux. L’accord de paix récent entre la RDC et le Rwanda, sous médiation des États-Unis, bien qu’essentiel pour la paix, soulève des questions fondamentales sur la souveraineté nationale et l’intégrité de nos institutions. Pourtant, il ne faut pas se laisser aveugler par une diplomatie de compromis qui peut s’avérer dangereuse à long terme. En tant que citoyens et responsables politiques, nous devons comprendre les véritables enjeux et anticiper les crises à venir, qui pourraient déstabiliser encore plus notre région.
La situation actuelle impose une réflexion stratégique sur la manière dont notre pays peut rebondir et se protéger face aux défis internes et externes. Il est crucial de préparer dès maintenant la prochaine classe politique, de former une génération capable de défendre nos intérêts nationaux sans compromis, mais avec sagesse et efficacité. Il ne suffit pas de signer des accords, il faut aussi garantir que ces accords ne fragilisent pas davantage notre souveraineté.
C’est pourquoi, au-delà des critiques, nous devons saisir cette opportunité pour établir des bases solides pour la paix durable : organiser des États généraux militaires, renforcer nos institutions démocratiques, et former des leaders politiques capables de défendre la RDC avec force et dignité. C’est un combat de longue haleine, mais c’est celui de notre avenir.
Il ne faut pas se contenter d’attendre que les choses évoluent d’elles-mêmes. L’histoire nous a appris que l’inaction mène à l’humiliation. Le temps est venu de prendre notre destin en main, de travailler ensemble pour restaurer la dignité de notre nation, et de préparer la RDC à être un acteur respecté sur la scène internationale.
Ce travail n’est pas seulement politique, il est aussi humain. Nous devons en tant que peuple, saisir l’opportunité de redéfinir notre rôle sur le continent africain. Les enjeux de 2028 ne sont pas un mirage lointain, ils sont ici, aujourd’hui. Et il est de notre responsabilité de les préparer, dès maintenant, avec courage et vision.

— par Altesse Mulamba | Analyste politique | Communicologue | Directrice et Rédactrice en Chef | Le Bloc-Notes News |La voix de la République
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