— 6 avril 2025 | Le Bloc-Notes News | Altesse Mulamba
Une fois de plus, la capitale congolaise s’est réveillée sous les eaux. Dans la nuit du 4 au 5 avril 2025, des pluies diluviennes ont provoqué des inondations massives dans plusieurs communes de Kinshasa, entraînant la mort d’au moins 18 personnes selon un bilan provisoire confirmé par les autorités locales. Les dégâts matériels sont également considérables : habitations détruites, routes impraticables, glissements de terrain, et réseaux d’égouts saturés.

Une ville abandonnée à son sort
Submergée par des pluies diluviennes, la capitale s’est transformée en un paysage de désolation. Pour survivre, des familles entières se sont réfugiées sur les toits de leurs habitations, d’autres ont passé la nuit dans des stations-service, exposées au danger, tandis que certains automobilistes sont restés bloqués dans leurs véhicules, piégés par des routes inondées. La ville est à l’arrêt total, paralysée par l’eau et l’indifférence.
Familles réfugiées dans une station-service : Vidéo / Source : Stanis Bujakera
Parmi les zones les plus touchées figurent les communes de Selembao, Ngaba, Lemba, Limete, et Masina, où l’eau a envahi maisons, écoles, marchés et artères principales. Des familles entières ont passé la nuit perchées sur les toits ou bloquées dans des habitations inondées, sans secours immédiat.
Le porte-parole du gouvernement provincial, Joseph Mukendi, assure qu’une « cellule de crise coordonne les secours ». Mais sur place, les habitants décrivent une tout autre réalité : peu de moyens déployés, pas d’évacuation organisée, et une population laissée à elle-même. Ce chaos n’a rien de nouveau. En 2023, des inondations similaires avaient déjà coûté la vie à 22 personnes à Kinshasa. Pourtant, les leçons du passé semblent ignorées.
Une tragédie prévisible
Les causes de cette catastrophe sont connues :
• Une urbanisation anarchique, souvent encouragée par la complaisance des autorités locales.
• L’obstruction des caniveaux par des déchets ménagers, conséquence d’un système de gestion des ordures quasi inexistant.
• L’absence de politiques de prévention et de sensibilisation, notamment dans les quartiers les plus vulnérables.
Ailleurs en Afrique, des villes comme Lagos ont réduit les inondations en modernisant leurs réseaux de drainage. À Kinshasa, où vivent plus de 15 millions d’habitants, une telle ambition reste hors de portée pour l’instant.
Des solutions pour l’avenir
Pour briser ce cycle, des mesures s’imposent :
- Un audit urbain et environnemental immédiat — Il faudrait dresser un état des lieux sérieux des zones à risque dans la capitale et d’interdire les constructions dans les bassins versants.
- La modernisation des infrastructures de drainage modernes — Kinshasa doit se doter d’un système de canalisation moderne, capable de supporter des pluies intenses, comme cela se fait dans d’autres capitales africaines.
- Une campagne nationale d’éducation citoyenne — Sensibiliser la population à l’importance de ne pas boucher les caniveaux, et responsabiliser chacun à la gestion des déchets.
- La mise en place d’un fonds spécial de gestion des catastrophes — Ce fonds, alimenté par l’État et les partenaires internationaux, doit permettre des interventions rapides et efficaces en cas de sinistre.
Le mot de la rédaction — Par la DG Altesse Mulamba
Ce qui s’est passé cette nuit n’est pas une fatalité. C’est le reflet brutal d’une gouvernance défaillante, incapable de penser au-delà de l’urgence. C’est l’échec répété d’un système qui refuse d’anticiper, d’aménager, de protéger.
Kinshasa, avec ses plus de 15 millions d’habitants, ne peut plus continuer à subir chaque pluie comme une malédiction. Chaque saison des pluies devient un cycle de deuil, de désespoir et d’indifférence institutionnelle.
Combien de morts faudra-t-il encore ?
À quand une gouvernance qui agit avant le drame, et non après ? À quand un État qui considère la vie de ses citoyens comme une priorité absolue ? Pourquoi une telle absence de politiques de prévention et de sensibilisation, notamment dans les quartiers les plus vulnérables?La vie des Congolais ne doit plus jamais être sacrifiée sur l’autel de l’incompétence et de l’inaction.
Altesse Mulamba | Directrice et Rédactrice en Chef | Le Bloc-Notes News

— par Altesse Mulamba | Directrice et Rédactrice en Chef | Le Bloc-Notes News |La voix de la République
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