— 23 mars 2025 | Le Bloc-Notes News | Altesse Mulamba

Le Ministre d’État de la Justice de la RDC, Constant Mutamba, a ordonné des poursuites judiciaires contre les responsables du détournement de 10 millions de dollars destinés à l’électrification de Moanda, dans le Kongo-Central, le 21 mars 2025. Cette annonce, faite lors d’une visite dans la province, intervient dans un contexte de lutte contre la corruption sous Félix Tshisekedi et dans un climat où Mutamba cherche à asseoir son autorité et à renforcer la lutte contre la corruption, un fléau endémique en RDC.

Constant Mutamba : Ministre de la Justice et Garde des Sceaux en RDC

Détournement à Moanda : une affaire qui secoue le Kongo-Central

Le ministre Mutamba a réagi face à la colère des habitants de Moanda, une ville côtière stratégique riche en potentiel pétrolier. Les fonds détournés devaient améliorer l’accès à l’électricité, un besoin crucial pour la population locale.


Annonce sur les poursuites pour le détournement de 10M USD destinés à l’électrification de Moanda, Kongo-Central

Il a également donné des instructions claires pour traquer les coupables. “Nous ne tolérerons plus l’impunité”, a-t-il déclaré, selon Netic News (2025).

Un passé marqué par la corruption dans le Kongo-Central

Le Kongo-Central n’en est pas à son premier scandale. Avec ses ports de Matadi et Moanda et ses ressources agricoles, il représente un terrain fertile pour la corruption. En 2019, Steve Mbikayi, cadre du FCC de Joseph Kabila, dénonçait des soupçons de détournements impliquant le gouverneur et le vice-gouverneur de la province.


Carte du Kongo-Central (RDC) — Source : researchgate

Depuis 2020, les audits de l’Inspection Générale des Finances (IGF), dirigée par Jules Alingete, ont mis en lumière des malversations dans la gestion des recettes fiscales et des projets d’infrastructure, comme la Route Nationale 1 (RN1), souvent surfacturée ou laissée à l’abandon. La société civile locale a également dénoncé des projets fantômes – routes, écoles, électrification – financés sur papier mais jamais réalisés. L’affaire de Moanda s’inscrit dans cette longue lignée de scandales, mais l’intervention de Mutamba pourrait marquer un tournant.

Qui sont les présumés accusés ?

Les identités des responsables n’ont pas encore été révélées. Cependant, des hypothèses pointent vers des officiels provinciaux du Kongo-Central ou des entrepreneurs ayant obtenu le contrat d’électrification. Des intermédiaires financiers pourraient aussi être impliqués, un schéma fréquent dans les détournements en RDC, comme dans l’affaire Congo Hold-Up (Human Rights Watch, 2021).

L’enquête en cours devrait révéler des noms via des audits et des interrogatoires, selon des experts.

La lutte contre la corruption en RDC : des progrès, mais des défis persistants

À l’échelle nationale, des efforts sont en cours. Jules Alingete, chef de l’IGF, affirme que le taux de corruption est passé de 80 % à 50 % en cinq ans. La RDC a gagné 15 places au classement de Transparency International en quatre ans. Mais des défis persistent. Grégoire Kilosho note que le pays n’a pas retrouvé son meilleur score de 2015. Des scandales comme Congo Hold-Up (138 millions USD détournés) et celui des 1000 forages (400 millions USD en 2024) témoignent d’une impunité tenace. Dans ce contexte, l’action de Mutamba à Moanda s’ajoute aux efforts de l’IGF et de l’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), mais se distingue par sa rapidité et sa visibilité.

Mutamba : un ministre sous pression

Depuis sa prise de fonction en mai 2024, Mutamba s’est engagé à réformer la justice. Son action rapide à Moanda – ordonner des arrestations en plein déplacement – contraste avec des années d’inaction. Cependant, le ministre fait face à des turbulences majeures, entre une tentative d’empoisonnement présumée en septembre 2024 et des tensions croissantes avec les magistrats (Netic News, 2025). Sans condamnations tangibles, son initiative risque d’être perçue comme une manœuvre populiste de plus, visant davantage à soigner son image qu’à produire des résultats concrets.

Un défi systémique à relever

L’affaire de Moanda s’inscrit dans un schéma plus large de corruption dans les projets d’infrastructure en RDC. Si Mutamba parvient à faire condamner les coupables, cela pourrait marquer un tournant ; sinon, cela renforcera le scepticisme sur la capacité de l’État à réformer ses institutions. Le Kongo-Central, avec ses richesses mal exploitées, illustre les enjeux : des ports stratégiques et des ressources pétrolières qui devraient bénéficier à la population, mais qui sont captées par une élite corrompue. Pour les habitants de Moanda, toujours privés d’électricité, et pour tous les Congolais, les efforts de Mutamba doivent se traduire en résultats tangibles.

Un espoir à concrétiser

Constant Mutamba, par son audace et sa réactivité, redonne espoir à une population lassée des promesses creuses. Ses efforts, combinés à ceux de l’IGF et aux ambitions du gouvernement Suminwa, pourraient poser les bases d’un changement durable. Dans le Kongo-Central, où la corruption a trop longtemps freiné le développement, Mutamba apparaît comme un fer de lance d’une justice qui ose défier l’impunité. À lui, désormais, de transformer cet élan en victoires concrètes – pour Moanda, pour la province, et pour toute la RDC.


— par Altesse Mulamba | Directrice et Rédactrice en Chef | Le Bloc-Notes News |La voix de la République


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